Un voyage dans l'humanité

Le 21-08-2012 • Pays : France

 

Un an autour du monde... un voyage dans l’humanité.

C'est dur d’écrire un dernier article pour mettre des mots sur ces 362 jours d'aventure.

Un conducteur qui nous a pris en stop ces derniers jours nous a dit avec poésie que l’auto-stop c'est un voyage dans l’humanité et qu'il n'oubliera aucune des personnes qui l'ont conduit.

Cette phrase nous a ému car c'est un peu pareil pour nous avec ce voyage. Nous avons rencontré des centaines de personnes en un an, des personnes de tous âges, de tous niveaux sociaux, venant de la campagne ou de la ville, de toutes les couleurs, de différentes cultures. Les rencontres, c'est vraiment ce qui reste en mémoire.

 


 

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Parfois gênés et froids de prime abord, parfois accueillants et bavards dès le premier contact, ces hommes et femmes se sont montrés avec leur singularité et parfois leurs appréhensions.

Des éclats de rire autour d'une partie de cartes ou de « pictura bonita », de la sueur versée en ramassant des noix de coco ou du café, des heures d'attente sur la route, de longues discussions autour d'un thé ou de l'alcool local...


J'ai eu les larmes aux yeux quand il a fallu quitter ma petite s½ur et son groupe d’auto-stoppeurs à Cracovie, Jean Baptiste et sa collègue Jennet à Phan en Thaïlande, Deli et son équipage colombien au Panama, Jeff à Cayenne... Au hasard des rencontres, nous nous sommes fait des amis de voyage : Rémi et Émilie en Mongolie, Luis, notre compagnon mexicain...


Notre voyage n'aurait pas eu la même saveur sans ces personnes qui ont pris le temps de nous ouvrir les portes de leur vie, qui ont pris le temps de nous raconter leur culture et de nous montrer leurs endroits préférés.


Un voyage dans l’humanité en ce début de XXIème siècle, c'est alterner entre modernité et retour aux sources. Réapprendre à se laver avec une bassine d'eau, faire sa lessive à la main, tuer le cochon ou dormir par terre en même temps qu'apprendre à lire un livre sur une liseuse, surfer sur www.couchsurfing.org pour rencontrer des gens, voir le deuxième plus grand building au monde ou voir décoller une fusée dans l'espace. Une adaptation permanente, des contrastes à chaque frontière passée.


A notre retour, vous, nos lecteurs, nos amis, nos familles vous êtes présents, aimants. On nous pose plein de questions. Alors pour comprendre l’intensité de notre périple, il faut imaginer les quelques 300 personnes qu'on a croisé et qui ont enrichi un an de notre vie.

 


 

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Merci...

en France

à nos parents, l’équipe de l'EPSTB, Audrey l'Aveyronnaise, James, Marie et Savario de Montmartre, Zohra, Caroline et son fils en Alsace,

pendant la traversée de l'Europe

à Welf, Barbel et Conny : ma correspondante allemande, deux personnes âgées bavaroises qui nous ont pris en stop malgré leur grand âge, Martin : notre premier hôte Couchsurfing avec Wenzhen autour d'une bouteille de Slivovitza, un couple cinquantenaire à Austerlitz, un couple de bouddhistes qui a partagé un moment avec nous entre la République tchèque et la Pologne, Hélène, Romain et leurs copains transeurostoppeurs, les Polonais pour la facilité avec laquelle ils prennent en stop, un prof d'anglais et sa famille à Elk, Arthur : le routier et son café « spécialité de la maison », Ieva, Cornelia, Evita, Arthur, Trinu : nos hôtes dans les pays baltes,

en Russie

deux conducteurs russes pour arriver à Saint-Pétersbourg, Anna, Rupert, Ksenia, Anton et une communauté d'anarchistes qui nous ont accueilli, Zoukra et Ludmila : nos voisines de chambrée dans le Transsibérien, l’équipe de Love's Bridge à Perm, l’équipe de l'association Mémorial, la guide francophile de Perm 36, Serguei, un copain improbable que s'est fait Romaric à la bibliothèque, Rachid, Max, le groupe Couchsurfing de Perm, Micha et Vale qui nous ont fait faire nos premiers pas en Orient, notre premier copain mongol rencontré dans le train, le lutteur mongol,

en Mongolie

à Nic et Ge : nos acolytes canadiens, deux mongols débarquant la nuit dans notre yourte, Rémi et Émilie alias José et Josette, Nico, Anne-Claudine et Zouhair,

en Chine

à Vincent, Bruno et Pierre, nos hôtes, un étudiant chinois autour d'une partie de cartes dans le train, deux voyageurs à la frontière chino-mongole,

en Thaïlande

à quatre Toulousains en vacances au Laos, deux voyageurs à la frontière Laos-Thaïlande, Jean-Baptiste et toute l’équipe de Sirimart Thevi School à Phan, en particulier Jennet et sa famille, Francky et les expatriés de Chiang Rai, la famille Amic, une couchsurfeuse castro-gonterienne,

en Chine

à l'equipe de Zarma-louloux : des gens hors du commun qui peuvent déplacer des montagnes à vélo, Winsou, Taz et un couple turco-italien, nos colocs à Hong Kong, Anne, Kiroro et Wendy à Xiamen,

à Taiwan

à Fred, Peyu et Tako sous la pluie incessante de Taipei, deux Américains sur l’île de Taïwan,

aux États Unis d’Amérique

à Cameron, Lori, Nathan et Stacey : l’équipe de la plantation Kundalini, Aurore, Mickael, Steve et sa femme à San Diego,

au Mexique

à Roberto et sa grande famille : ou comment découvrir le sens du proverbe mexicain « mi casa es tu casa », Ricky : leur bout de chou, Jorge et ses colocs à Mexico DF, les Zumbidos avec une vieille connaissance toulousaine, Daniel et Maria, Guy et Jeannine : y a pas d'âge pour le voyage, Liz, Pedro et toute leur famille,

au Guatemala

à une drôle de famille au Guatemala, Amy et José : d'un lift en stop à la découverte de leur famille à Xela,

en Amérique Centrale

à Neto, Mireya et leurs enfants à San Salvador, Eugène et trois Taiwanais : nos hôtes au Nicaragua, Jacky, Carlos, un couchsurfeur coréen, Joao : le portugais voyageur, Deli, Francisco et sept autres marins au grand c½ur sur la Caracola, une famille Kuna,

en Colombie et en Équateur

à Luis : notre compagnon mexicain, une canadienne à Medellin, Paola et Diego : nos hôtes à Cali, Vladimir et l’équipe de Radio Latina à Siloe, Daniel à Quito, Samir le soir de l’élection de François Hollande,

au Pérou

à un joueur d’échec à Trujillo, Ricardo, Maria Luisa, Alex et leur chat, Ricardo et son coloc, l’équipe chaleureuse d'Home Sweet Home, Lily et Klever : un retour aux sources du Pérou, les élèves de l’école de Cachicata, Freddy : l'enseignant, un Hollandais pendant une rando, des volontaires français de Cusco,

au Brésil

à Vasti, Mauro, Roselys, Rebecca : nos hôtes au Brésil, Juan Carlos : rainbow spirit,

en Guyane française

à Murielle, deux gendarmes et trois infirmiers en Guyane pour un trajet en auto-stop, Jeff : un ami meslinois et toute sa clique,

en France (fin de la boucle)

nos amis venus nous retrouver à Paris, des lecteurs de notre blog, nos familles et quelques conducteurs toujours prêts à s’arrêter pour nous faire faire un bout de chemin...


Merci encore.

 


 

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Cécile.


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Bilan de notre tour du monde

Le 05-08-2012 • Pays : France


C'est l'heure du bilan, donc voici notre voyage analysé à la loupe. Les amateurs de chiffres seront comblés.

 

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362 jours de voyage : départ de la place du Capitole de Toulouse le 1er août 2011, arrivée à Paris-Orly le 27 juillet 2012.

 

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26 pays visités, en comptant la France mais sans compter la Guyane française – qui est un département français d'outre-mer, un DOM, malgré les apparences ! Sont comptabilisés dans ce chiffre Hong-Kong et Taïwan, qui ont un statut ambigu vis-à-vis de la Chine. Hong-Kong a été rétrocédée à la Chine par l'Angleterre en 1997 et jouit toujours d'une certaine autonomie. Quant à Taïwan, l’île est revendiquée par Pékin même si elle est politiquement indépendante.

 

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36 jours au Pérou, c'est le pays où on a passé le plus de temps.

1 jour au Laos, c'est le pays où on a passé le moins de temps – mais ça a été suffisant pour rencontrer des Toulousains bien sympas qu'on espère revoir quand on sera de retour par chez nous.

 


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3 continents traversés : l'Europe, l'Asie, les Amériques. On avait prévu de terminer notre voyage en allant jusqu'en Afrique de l'Ouest (Burkina Faso), mais finalement le temps nous a manqué. On a passé notamment 2 mois et demi en Amérique centrale (Mexique, Guatemala, Salvador, Nicaragua, Costa Rica, Panama) alors qu'on n'envisageait pas, dans nos plans, passer dans toute cette zone.

 

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16 langues différentes (en ne comptant que les langues officielles, parce qu'autrement on s'expose a des maux de tête).

5 systèmes d’écriture : alphabets latin, cyrillique, mongol, thaï et écriture chinoise.

 

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51 270 kilomètres parcourus, ce qui équivaut à faire le tour de la Terre 1,3 fois – et pourtant on n'a fait qu'un seul tour, on vous promet ! Cela représente, en moyenne, 141 kilomètres par jour.

 


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25 733 kilomètres, soit presque la moitie de la distance totale, ont été effectués en avion. On rêvait au départ d'un tour du monde, non pas en 80 jours, mais sans prendre l'avion. On s'est rendu compte de la difficulté de la chose, et surtout de son coût. Pour traverser l’océan Pacifique, il existe bel et bien des compagnies de cargo qui proposent leurs services, mais à un prix prohibitif (autour de 2 000 dollars par personne).

 


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On a franchi aussi :

11 356 kilomètres en bus, en particulier en Amérique latine, et sur des routes souvent cabossées. Notre plus long trajet : 36 heures, pour relier Tijuana à Guadalajara au Mexique.

8 788 kilomètres en train, répartis sur 3 pays : la Russie, la Mongolie et la Chine. Notre plus long trajet : 60 heures non-stop à travers la Sibérie, de Perm à Irkoutsk.

4 400 kilomètres en voiture, le plus souvent en faisant de l'auto-stop, notamment pour notre traversée de l'Europe jusqu'à Saint-Pétersbourg.

992 kilomètres en bateau, dont la traversée la plus lente du monde le long des cotes panaméennes : 20 jours pour parcourir 200 kilomètres.

On s'est épargné le calcul des kilomètres parcourus à pied, mais n’étant pas un grand marcheur (en particulier avec 15 kilos sur le dos), ils ne représentent sûrement pas une grande distance.

 

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12 000 euros dépensés environ à nous deux, soit 33 euros par jour en moyenne. On était sur une base de 30 euros par jour, donc on rentre à peu près dans les clous. On s'en sort avec peu de dépenses au final, grâce aux périodes de volontariat, aux hébergements par les amis et par Couchsurfing (un réseau sur Internet qui favorise les rencontres entre voyageurs).

18 monnaies différentes.

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4, c'est le nombre de choses qu'on s'est fait voler : une lampe frontale, une clé USB, un bikini et un sac de fruits. Assez dérisoire, isn't it ?

 


x : c'est le nombre de choses qu'on a perdu, dont une polaire, un short, des tongs, deux lampes torche, des tee-shirts, un bonnet, des gants... 

 


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9 708 photos archivées et stockées sur Picasa, Google Drive et sur notre ordinateur de bord. Pays où on en a pris le plus : le Mexique (1 219 photos).

 

2 appareils photos utilisés.

 


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83 messages et 1 014 photos postés sur ce blog.

155 commentaires, soit 2 en moyenne par message – sachant que nos réponses sont comptabilisées aussi. On s'attendait à en recevoir plus, mais nous-mêmes sommes lecteurs de différents blogs, et on se rend compte qu'on commente très peu d'articles !

 


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20 290 visites sur le blog depuis le mois de mai 2011, soit une moyenne de 1 350 visites par mois, et une pointe à 2 492 visites en avril 2012 (privés d’accès à Internet, on n'a pas beaucoup donné de nouvelles à ce moment-là... peut-être nos lecteurs s’inquiétaient-ils de notre silence ?)

 

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2 carnets de voyage remplis, et dont certaines pages ont servi à illustrer cet article.

 


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Et enfin,


1 grand merci à tous ceux qui nous ont soutenu !



Romaric



Mon top 3 des pays visités : Chine, Pérou, Mongolie


Le top 3 de Cécile : Mongolie, Pérou, Hawaï (États-Unis)

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Petits plaisirs en Guyane

Le 26-07-2012 • Pays : Guyane française

 

Notre séjour en Guyane après 11 mois de voyage s'est passé au sein d'un groupe de joyeux drilles métropolitains. Jeff et ses amis Paulo, Mick, Simon, Élodie, Clarisse et Nelson nous ont fait une petite place dans leur quotidien digne des Freak Brothers. Plutôt que de conter les mille et une réflexions et découvertes de notre passage a Saint Laurent du Maroni, j'ai choisi de vous offrir une petite lecture sur un air de vacances : les petits plaisirs simples de la vie en Guyane.

 

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Ma cabane dans les bois


Jeff et Simon louent une cabane en bois sur le plateau des Mines a une quinzaine de kilomètre de la ville de Saint Laurent. On y accède par des pistes en voiture puis par quelques centaines de mètres dans un layon souvent boueux.

 

La cabane dite « carbet » par les locaux est toute en bois au milieu d'une végétation sauvage. Les garçons ont bien arrangé l'endroit : on peut se doucher avec l'eau de pluie qu'ils récupèrent, cuisiner au feu de bois ou au gaz, aller aux toilettes en observant la foret, jardiner ou encore prendre un petit bain dans le cours d'eau en contrebas. La vie a l’état sauvage !

 

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Une semaine après notre arrivée nous avons eu l’opportunité de garder le carbet de leurs voisins. Hébergeant une famille avec deux enfants, ce carbet associait la beauté d'une architecture pour amoureux de la nature et le confort de la vie occidentale. Un gîte 4 étoiles !

 

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Quel bonheur de se réveiller chaque matin et de sentir une petite brise chaude, d'entendre a ses cotés les feuilles frémir et de voir de la verdure a portée de main par toutes les ouvertures de la cabane.


Alitée quelques jours du fait d'une petite fièvre, de petits singes sont venus aux alentours me faire une petit coucou !


Coupés du monde, Ro a eu tout le loisir de faire découvrir a nos hôtes pendant les soirées ses inventions ludiques.



En route pour voir Ariane


A notre arrivée nous avons de suite été informé par nos conducteurs : l’événement de la semaine c'est le décollage de la fusée Ariane depuis le pas de tir de Kourou.


Jeff a fait des pieds et des mains pour partager cette découverte avec nous.


Jeudi 7 juillet, nous voila donc lancés en fin d’après midi pour 2h30 de route pour voir la fameuse fusée décoller.

Arrivant avec du retard, nous avons garé a l'improviste la voiture pour sortir admirer ce spectacle. Un point s’élance dans le ciel suivi d'une très grosse traînée de fumée et d'un bruit sourd.


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Le marché de Saint Laurent


Aller au marché de Saint Laurent, c'est découvrir la diversité de la population guyanaise. Asiatiques, Africains, métropolitains, créoles, Amérindiens et latinos, cohabitent sur le territoire guyanais. Au marché, les produits sur les étals sont colorés. Il y a des bananes, des ananas, des fruits de la passion, des mangues et des « c½urs de dragon » sur les tissus madras au milieu des avocats, feuilles de taro ou d’épinards.

 

Les Hmongs, une ethnie venue du Laos et réfugiée sur le sol français sont les principaux producteurs tandis que les Chinois s'occupent des commerces. Quelques bushinengés, ethnie exilée du Suriname d'origine éthiopienne, vendent aussi des produits de leurs abattis. Au marché, on boit du jus de fruit frais, on mange des rôtis au petit restaurant au saveur indienne.

Un beau mélange mais aussi des difficultés pour trouver ses repères au milieu de ce melting pot. Langues multiples, cultures multiples, saveurs multiples, visages multiples. Impossible de résumer et de cerner en si peu de temps la Guyane française.


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Sur la plage, en attendant une tortue luth


Après une baignade dans les eaux chaudes de l'Atlantique, a la nuit tombée, nous sommes partis observer la ponte des tortues luth.

La patience est de rigueur. Déambulant sur la plage, nous cherchons avec nos torches une sortie de tortue, sans succès.

Résolus a rentrer, nous avons la chance durant nos chemins retour sur la plage d'apercevoir tout a coup une immense ombre se déplacer. Une tortue luth ! Ce gigantesque animal de plus d'un mètre de diamètre sort des eaux pour gravir a la marée montante quelques mètres de sable pour creuser son trou et pondre. Chaque pas est une effort pour elle, on sent son souffle puissant, sa respiration difficile, la charge de sa grandeur.


Très vite, les touristes accourent. Les lumières fusent autant que le bruit. Un chien aboie. La tortue fait demi-tour.


Même si je manque de qualificatif pour décrire ce spectacle, je regrette aujourd'hui d’être aller voir la venue de ces tortues car il semble qu'on l'a dérangé. Qui aime vraiment le lion met tout en ½uvre pour ne jamais le croiser.



Dans mon hamac...


A notre arrivée, une de nos conductrices nous avait d’emblée vanté les plaisirs du hamac :

« méditer entre ciel et terre »

 

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En vadrouille aux îles du Salut avec la troupe de St Laurent, Jeff nous a donné un petit cours rapide d'installation de hamac. Les n½uds de chaise n'ont plus de secret pour nous. Un hamac bien tendu, un bon livre ou un bon journal, de l'ombre et le bruit des vagues et nous voilà prêts pour des heures de farniente !


Le léger balancier de cette installation d'origine amérindienne, les couleurs vives du tissage et toujours la brise chaude viennent agrémenter nos siestes. Une sérénité relaxante !


Quand en plus autour de nous, s'agitent les poules, les agoutis (petits rongeurs) et surtout les familles de singe, on a l'impression d’être dans un autre monde.

 

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C.


Ceci est le dernier article de notre tour du monde, puisque nous sommes rentrés en France (métropolitaine) dans la foulée de la Guyane, par un vol en partant de Cayenne, mais ce n'est pas le dernier billet de ce blog ! De prochaines nouvelles bientôt...

 

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Dernier jour de stop en Guyane !

Le 06-07-2012 • Pays : Guyane française


Las d’être sur la route, nous passons notre dernière nuit au Brésil dans le bus qui nous mène de Macapa à la frontière guyanaise. La route est goudronnée en partie mais nous faisons les cent derniers kilomètres sur de la piste. A Oyapoque, village frontalier avec St Georges de l'Oiapoque en Guyane, nous attendons la levée du jour pour nous aventurer puis nous attendons huit heures du matin, l’ouverture de la police fédérale pour tamponner notre sortie du pays. En deux temps trois mouvements, nous voilà sur un bateau à moteur traversant le fleuve Oiapoque pour rejoindre le territoire français.

 

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Nous savons, arrivés à ce point qu'il nous reste à peu près 5h de route pour St Laurent du Maroni où habite Jeff, un ami meslinois de longue date.

 

 

 


A St Georges, nous passons la tête au poste de douanes pour vérifier qu'il n'y a pas de formalités à remplir pour rentrer en Guyane.

Le douanier, bien franchouillard, sourit un peu : « Si vous êtes français, il n'y a rien à faire. C'est la France ici. »

Nous on a un peu du mal à y croire car c'est pas tout à fait la vision de la France qu'on a !

En faisant le tour du village, on reste perplexe : une bonne vieille boulangerie nous attire et puis un petit café en terrasse. Les infos en français en fond sonore au milieu de personnes aux origines africaines parlant leur langue propre, des Brésiliens par-ci par-là, des visages aussi blancs que nous par moment. C'est déconcertant !


De l'avis du douanier, la route entre St Georges et Cayenne est peu fréquentée. Nous hésitons donc à prendre la navette mais vu le prix (40 euros chacun pour trois heures de voyage), nous partons tenter notre chance à la sortie du village sur le bord de la route. Et surprise : à peine postés, deux filles en twingo s’arrêtent. Elles vont jusqu'à Regina. Elles sont arrivées depuis peu à Cayenne en qualité d'infirmière. Au croisement pour Regina nous tendons le pouce et nous voilà de nouveau pris par un « métropolitain » qui dirige une entreprise de béton.

 

 

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Nos deux premiers conducteurs nous dressent de suite le décor guyanais. Différents groupes ethniques cohabitent sur cette parcelle de territoire, installation de chaque communauté du fait des migrations après la guerre civile du Suriname, conflit en Haïti ou en Indochine. Plusieurs fois nous entendrons les mêmes discours sur les groupes cohabitants. Chacun occupe une fonction - les créoles guyanais sont dans la fonction publique, les métropolitains à l'Hopital ou dans l’Éducation nationale, les bushinengés ou noirs marrons vivent des aides sociales (beaucoup d'enfants) et enfin plus étonnant encore les Hmongs (Asiatiques venus du Laos) produisent les fruits et légumes du pays tandis que les Chinois tiennent les commerces dans tout le département.

 

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Quelques kilomètres plus loin, Murielle s’arrêtent pour nous emmener à Kourou. Professeur d'espagnol, elle nous invite à manger et nous fait faire le tour de son jardin pour nous expliquer ses différents plants exotiques (maracudja – fruit de la passion, wassai- grain de palmier appelé acai au Brésil, fleur d'ilang ilang, …). 

 

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Pour finir, la grande classe, nous sommes pris en stop par deux gendarmes en fonction qui nous emmènent jusque devant la maison de notre ami Jeff. Ils nous embarquent ayant peur qu'on se fasse dépouiller. Cette rencontre entre nous deux globe-trotteurs et ces deux gendarmes fut pour le moins insolite et riche en discussion ! Touchés par les événements récents en Guyane, ils nous expliquent leur contexte d'intervention contre les orpailleurs illégaux : l'objectif est de protéger les communautés amérindiennes reculées qui vivent beaucoup de la chasse et de la pêche. Or les chercheurs d'or clandestins polluent les eaux avec du mercure (substance qui agglomère l'or). En sus, ils vivent hors la loi et font subir aux habitants vols et prostitution.


Vers 19h, nos deux nouveaux compagnons nous déposent. Cette première journée en Guyane a été forte en émotion et en surprise. Le stop est vraiment un mode de transport très utilisé en Guyane, le département développant très peu les transports collectifs.


Un retour en territoire français qui éveille en nous beaucoup d'interrogation à la vue de cette diversité culturelle.

 

C.  

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Au Brésil...

Le 03-07-2012 • Pays : Brésil

 

Tout le monde connaît le Brésil pour son carnaval, la samba, ses grandes villes comme Rio de Janeiro ou Sao Paulo... On a découvert d'autres facettes du Brésil, plus vers le Nord, à la limite de la foret amazonienne. Sur notre route pour la Guyane, nous avons parcouru quatre régions dont les noms même nous étaient inconnus : Rio Branco en Acre, Sao Luis dans le Maranhao, Belem dans le Para et Macapa dans l'Amapa.

 


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Nos trois semaines au Brésil ont été rythmées par des fêtes ininterrompues. A Sao Luis, Mauro qui nous a accueilli nous racontait avec le sourire qu'une année se divise en six mois de Carnaval suivis de six mois de « Bumba-0-meu-boi ». Le « Bumba-o-meu-boi » nous a laissé une forte impression car visuellement c'est un spectacle haut en couleurs, mené sur un rythme impressionnant. Des groupes de quartiers ou de villes différentes viennent chacun présenter leurs danses. Ils créent tous des variations à partir d'une légende commune :


Un jour, une femme enceinte ordonne à son mari d'aller lui chercher une langue de b½uf. Celui-ci part donc à la recherche d'une langue de b½uf pour satisfaire les désirs de sa femme. En dépit des vachers, il réussit à couper la langue d'un b½uf et la ramène à sa femme. Pour rattraper cette perte, la tribu demande au chaman de faire revivre le b½uf. Suite à des danses endiablées, le b½uf revient a la vie.

 

 

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Le Brésil nous a aussi beaucoup charmé par son art de vivre. L'esprit de la fête est présent dans les c½urs, sur les visages - les gens sont en général très souriants. Même si le quotidien n'est pas toujours facile, les Brésiliens prennent la vie du bon côté.

La population est très métissée, les villes brassent des gens d'origines très diverses et l'esprit de tolérance règne. Les communautés semblent vivre mélangées sans que ça pose de problème, tout le monde parle très facilement à son voisin sans le juger de prime abord.

 


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Des villes traversées, Sao Luis a été notre coup de c½ur. Historiquement cette ville a été créée par des colons français il y a 400 ans, son nom a été choisi en référence au roi Louis XIII.

A Sao Luis, nous avons partagé le quotidien de la famille de Mauro, une famille modeste mais ravie d’échanger autour de nos cultures respectives. Ils ont beaucoup apprécié nos crêpes et notre quiche lorraine, en contrepartie on a eu droit à la dégustation d'un alcool réputé pour être aphrodisiaque, ainsi que d'une boisson locale à base de Guarana qui s'appelle Jésus. On se souviendra aussi longtemps d'une partie de jeu de cartes qui s'est révélée assez comique, car le jeu exigeait de mentir et le papa en était incapable !

Parmi les particularités, figurent des modes de relation particulières qui ne correspondent pas forcement a nos représentations à la française. Couple séparé qui vit encore ensemble, hommes qui ont des enfants avec différentes femmes... les relations sentimentales ne semblent pas aussi codifiées que par chez nous.

 


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Sur le plan des réjouissances touristiques, on a passé un week-end dans un désert de sable qui a la particularité d’être parsemé de lacs. L'appareil photo toujours à portée de main pour garder en mémoire la magie du lieu.

 


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Pour rejoindre la frontière guyanaise, on a du traverser une zone très enclavée du Brésil, où les routes et les véhicules se font rares. La meilleure solution consistait à prendre un bateau qui nous a mené à Macapa après 28h de trajet. Drôle d'ambiance avec tous les hamacs étendus de part et d'autre... de notre côté on a du se contenter de poser nos matelas au sol, ce qui n'est pas vraiment très pratique car il n'y a pas de place prévue pour.

 


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Sous une chaleur écrasante, nous nous rapprochons donc de la Guyane, premier retour en territoire français. Les différentes portes qui se sont ouvertes au Brésil pour nous accueillir nous ont permis de ne voir que le meilleur de ce pays. Des couleurs, une langue, un folklore, des saveurs, des atmosphères...

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Emerveillés du monde...

Le 11-06-2012 • Pays : Pérou


A Cusco, nous avons croisé beaucoup de Français. Apparemment c'est une destination prisée de nos compatriotes. C'est d'ailleurs pour ça que nous avons eu l’opportunité d'initier les enfants à notre langue : l'avenir est dans le tourisme et le touriste à Cusco est souvent français !

 

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Mais alors qu'est-ce qui attire le voyageur français ? Eh bien ! Il faut avouer que le région de Cusco réunit de multiples attraits : une ville magnifique chargée d'histoire, un artisanat coloré, des randonnées en veux-tu-en-voilà et une merveille du monde pour couronner le tout.

 

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Dans les blogs que j'ai lu sur Cusco écrits par des Français, les voyageurs sont mitigés. Certains s'extasient sur la beauté des lieux et d'autres critiquent l'attrape-tourisme permanent et des prix exorbitants.


En arrivant à Cusco, nous avons été ébahi par la splendeur du centre historique. Des points de vue sur les hauteurs de la ville aux petits ruelles pittoresques, l’atmosphère est charmante. Les habitants se prêtent au jeu du tourisme et revêtent leur costume traditionnel ou traînent leur lama dans les rues étroites.

 

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A Cachicata où nous avons apprécié de vivre une vie plus authentique loin du tourisme de masse, j'ai pris mon courage à deux mains pour rejoindre avec ma nouvelle amie, Lili, la porte du soleil d'Ollantaytambo, en quechua « Intipunku ». Elle se trouve à plus de 4000 mètres. La randonnée était un peu ardue mais une fois arrivées en haut, la joie d’être en face du mont Veronika haut de 5000 mètres récompense nos efforts.

La randonnée sillonne le site inca de Cachicata : à savoir une carrière de pierre qui aurait servi aux Incas pour construire différents édifices de la région. Les pierres sont gigantesques et l’énigme de leur transport reste entier.

 

 

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Ro et moi, à l'issue d'une ballade mémorable (nous nous sommes perdus !) avons pu découvrir les Salineras de Maras. Un spectacle pictural grandiose !

 

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Enfin, cerise sur le gâteau, nous sommes partis 3 jours pour voir le Machu Picchu. 28 km aller- 12 km retour- 1h30 d'ascension et voici la cité perdue des Incas.

Ayant vu le site de nombreuses fois en photo, nous avons été un peu déçus à notre arrivée... ben oui ! C'est comme sur la photo !

 

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Mais nous avons pris le temps de se laisser gagner par la beauté monumentale des montagnes alentour, par le mystère de ces ruines perchées à plus de 2000m et dont certaines parties ne sont pas encore défraîchies, par la chatoyance des prairies verdoyantes, du ciel bleu et de l'air pur.

 

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En restant jusqu'à 16 heures de l’après-midi, le site se vide peu à peu, on entend des « ciao Machu Picchu » dits par des gens venant du monde entier, le calme revient, la file pour faire la photo souvenir a disparu et les lamas continuent leur petite vie au milieu de ces pierres séculaires. Je me suis d'ailleurs laissé surprendre par l'un d'eux qui me suivait tranquillement dans les ruelles. Et je confirme, j'ai pu observer quand « lama fâché lui toujours faire ainsi ! »*

 

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C.

 

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* Tintin et le Temple du Soleil

 

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#6 Où est Charlie... au Machu Picchu !

Le 11-06-2012 • Pays : Pérou

 

A quelques mois de la fin de notre tour du monde, nous vous proposons en simultanée sur notre blog et sur Facebook, un dernier jeu-concours "Où est Charlie?". Cette fois-ci, nous étions au Machu Picchu, une des merveilles du monde. Cette cite mystérieuse construite par les incas en haut des montagnes offrait un décor de rêve pour nos fameuses vidéos, d'autant plus qu'elle attire chaque jour des milliers de visiteurs. 

Plusieurs cartes postales sont à gagner. Cependant, ne donnez qu'une seule réponse. Je rappelle qu'il faut nous envoyer la minute et la seconde a laquelle apparait Charlie, alias Romaric en t-shirt rayé rouge et blanc dans la vidéo.

 

 Ou est Charlie?

 

http://www.dailymotion.com/video/xrg9ui_ou-est-charlie-6_travel


 Bonne chance!

Les premières réponses sont arrivées mais le concours continue car Charlie apparait plusieurs fois!

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VIVA CACHICATA !

Le 09-06-2012 • Pays : Pérou

 

Cachicata


 

Auberge de Lili et Klever a Cachicata (Perou) Cachicata - vue de l'auberge avec le


Grâce à un contact Couchsurfing, nous sommes partis à l'aventure dans un petit village à 1h30 de Cusco. Ce village n'est pas accessible en voiture. Composée d'à peu près 100 familles, Cachicata est à 45 min à pied d'Ollantaytambo, une jolie petite cité touristique d’où la majorité des voyageurs prennent le train pour le célèbre Machu Picchu.

Entre la rivière et la montagne, Cachicata se compose de deux espaces d'habitation : « la pampa » c'est-à-dire le groupe de maisons situé dans la vallée près de la rivière et « el rancho » la partie originelle du village où vivent les anciens à flanc de la montagne.

Cachicata veut développer ses attraits et son offre touristique car c'est là que les Incas extrayaient les pierres pour construire les cités environnantes. Les chemins de randonnée autour du village sont magnifiques car les vues donnent directement sur le Mont Veronika, une cime à plus de 5000 mètres d'altitude et toujours drapée d'un beau manteau blanc...

La vie à Cachicata est authentique. Chaque famille possède quelques animaux et un bout de terre. La vie tourne donc autour de l'agriculture et des bêtes. Tout le monde parle quechua même si chacun peut aussi s'exprimer en espagnol. Les jeunes se tournent quant à eux vers le tourisme (guides, cuisiniers, porteurs pour les treks).


Thierry, Mireille, Thiphaine, Bastien, Philippe, Sandra, Celine, Amélie, Rachida, Claude, Édouard, Albert, Paulette et Gertrude...


 


Nos 19 eleves qui disent La classe de Cachicata :-)))))


Nous avons enseigné deux semaines le français à l’école du village. L’école se compose de deux parties : une classe de maternelle où les 7 petits garçons viennent épisodiquement et une classe à niveaux multiples, brillamment tenue par Freddy, le professeur avec qui nous avons travaillé. 19 élèves de 6 à 10 ans nous ont donc accueilli et nous avons été agréablement surpris. Ils étaient curieux, vifs d'esprit et surtout très attentifs.


Dans cette partie du Pérou, tous les enfants du Pérou ne vont pas encore a l’école. Certains, vivant reculés dans la montagne, restent jusqu’à 8 ans avec leurs parents, prenant soin des animaux. Le prof doit toujours argumenter à Cachicata pour que les parents considèrent l'importance de l’école pour leurs enfants.


-« Bonjour », « au Reouar », « un », « deux », « twoua »-

Romaric a multiplié les supports ludiques pour faire de nos heures de français un amusement pour les enfants. Cela a été un franc succès ! Les enfants se souviennent encore -je pense- de « Frère Jacques » qu'ils chantaient à tue-tête à la fin de notre dernière séance. Nous avons confectionné avec leur aide un panneau à afficher dans la classe pour que les quelques mots qu'ils ont appris ne s'oublient pas avec le temps.

A la dernière séance, ils sont venus à tour de rôle nous embrasser et nous dire « Gracias ». De quoi verser quelques larmes !

Nous avons adoré cette expérience d'enseignement à deux, les moments d’échange avec les enfants.

Freddy, le prof, voyant le savoir-faire de Ro nous a montré toute sa confiance et nous a laissé une grande liberté.


Lili


 

Lili et Klever Cecile et Lili...aidant les parents de Klever (?)


Si on s'est rapidement attaché à ces quelques 25 bouilles d'ange qu'on recroisait régulièrement dans le village et dans nos activités quotidiennes, ces semaines ont aussi été marquées par Lili, notre hôte.


Lili, 31 ans et Klever, 30 ans, nous ont ouvert les portes de leur quotidien. Ils viennent de construire une auberge. Klever possède son agence de tourisme à Cusco et participe à des projets de développement de tourisme solidaire pour sa communauté. Lili a laissé son restaurant à Ollantaytambo pour se consacrer à l'accueil de touristes dans leur nouvelle auberge. Et quel accueil ! Lili, n’étant pas native de cette région, a du s'adapter au mode de vie assez traditionnel de Cachicata. Elle semble y prendre plaisir mais en même temps, on a eu l'impression d’être pour elle comme une bouffée d'air nouveau. Lili est un ange et elle se préoccupe naturellement du bien-être de chacun. On s'est rapidement super bien entendu.


En tant que volontaires, nous lui avons donné un coup de main pour toutes les basses besognes de son quotidien de « Cendrillon » : faire la lessive à la main, arroser sa plantation de pêchers et pommiers, son jardin, préparer la chicha, l'anniversaire de Klever, aller au marché à Urubamba le mercredi matin, monter un stand à la fête du village et surtout éplucher les légumes et cuisiner. Cela a été très enrichissant car Lili, ayant étudié la gastronomie nous mitonnait des petits plats traditionnels péruviens dignes d'une grande chef. Elle m'a transmis quelques recettes que je me ferais un plaisir de vous faire découvrir à notre retour. Je lui ai enseigné les crêpes et la quiche.

 



Les recettes de Lili

 

Cuy dans l'assiette...miam!


Les Péruviens mangent toujours selon le même menu : une soupe en entrée qui contient souvent un féculent et un morceau de viande, puis ce qu'ils appellent un « segundo » avec des légumes, des féculents et une viande. On boit avec ça un « refresco » (eau de fruit), de la « chicha morada » (eau rouge – c'est en fait de l'eau dans laquelle on a fait bouillir des grains de mais noir) ou du maté (thé ou tisane à base de plantes en particulier la coca).


Voici les "segundos" que Lili m'a enseigné :

Le « lomo saltado » – viande de b½uf cuisiné avec des petits légumes et des tomates.

La « papa rellena »- boulette de purée de pommes de terre garnies à l’intérieur de viande, de légumes et d’½uf.

Le « cuy » – les Péruviens élèvent et mangent des cochons d'inde.

La « tortilla peruana »- galette a base de farine de mais, d'oignons chinois et de pommes de terre.

Le « rocotto relleno » – sorte de poivron pimenté farci au flageolet, viande, carotte et recouvert d'une pâte à beignet.




Tonia, le « chancho » et son successeur


 

Lors de notre première semaine, Klever fêtait ses 30 ans. Nous avons donc assisté et participé aux préparatifs. A Cachicata, lorsqu'on fête un événement, on mange et on boit beaucoup. Les hôtes, Lili et Klever ont pour l'occasion tué leur cochon qui s’appelait Tonia. Voici donc quelques phots avant-apres !

 

Tonia, le On tue le cochon! Tete de cochon! L'ecole de Cachicata au pied de la montagne



Ro, qui aime beaucoup les animaux n'a pas trop souhaité prendre part à cet événement divertissant.

Il s'est, la semaine suivante, attaché au nouveau cochon venu remplacer Tonia (apparemment, un des porcelets d'une portée de Tonia), le sauvant d'une noyade dans le ruisseau en amont de la maison. Il lui portait son manger et l'arrosait en cas de soleil trop fort... Une vrai fibre pour les animaux, en particulier les cochons !


Senior de Choquekillka


 

Danseuses dans les rues d'Ollantaytambo Femme a la fete d'Ollantaytambo


Terroriste au lama a la fete d'Ollantaytambo

 

a la Corrida

 

Cecile et le pere de Klever...ssssssssssscccch! (on vous expliquera en rentrant!) Maman, grand-pere de Klever, parents d'eleves et BIERE!


L’anniversaire de Klever a été suivi de 4 jours de fête au village d'Ollantaytambo : une fête en l'honneur du Senior de Choquekillka, soit une représentation de Jésus, une fête donc qui prend source dans le christianisme mais qui est l'occasion de voir les danses et les us et coutumes de ces descendants d'Incas.


Nous avons aidé pendant ces quatre jours les parents de Klever qui cuisinaient dans le village pour nombre de convives venus de Cachicata. L'occasion pour nous de retrouver les enfants, de danser et surtout de picoler. Chaque convive participe en ramenant une caisse de bière. En sus, il y a toujours de la « chicha » à boire. La « chicha » c'est l'alcool local, une boisson à base de grain de mais fermenté... Impossible de refuser quand un Péruvien vous en propose mais vraiment très difficile à apprécier. Comme c'est un alcool fait maison, les Péruviens estiment que ça ne peut pas faire de mal. Ils en font boire aux enfants, aux femmes enceintes et eux-mêmes en boivent vraiment à outrance... Étrange expérience !


Nous avons eu beaucoup de chance pendant ces deux semaines : la chance de découvrir la vie des Andes de l'intérieur avec un ange gardien du nom de Lili, la chance d'apprendre des autres et de partager des moments authentiques, la chance d'en prendre pleins les yeux avec des paysages magnifiques, des traditions surprenantes et colorées !

 

Nous pris dans la folle ambiance d'un lundi soir de fete a Ollantaytambo!


C. 


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"C'est pas le Pérou!"

Le 17-05-2012 • Pays : Pérou

 

9 mois de voyage et nous voilà au Pérou. Destination mythique pour les Français! C'est étrange comme il y a des pays qui passent inaperçus (comme l’Équateur par exemple) et d'autres qui attirent tous les regards...

Pour le Pérou, nous avions déjà pleins d'images en tête.

Si je vous dis Pérou, vous me dites...  « Quechua, Incas, Cusco, Machu Picchu, Cordillère des Andes et autres clichés exotiques de la culture andine à la langue et aux traditions vivantes ». Vous me parlez du temple du Soleil et des lamas!

 

La diversite des sites touristiques peruviens en images

 

Trujillo



 

Sur la place coloree de Trujillo


Pourtant, notre arrivée au Pérou par l’Équateur ne ressemble en rien à ces photos de vacances. Nous nous sommes arrêtés à Trujillo sur la côte nord puis à Lima, la capitale.

 


Ricardo et Ro jouant aux echecs


Accueillis par des Péruviens, nous avons découvert une autre face du Pérou loin des clichés touristiques. Un Pérou moderne, actif et occidentalisé.

 

 Plaza das Armas a Lima


La place de Trujillo avec le bonhomme a une jambe (en fait il en a deux)


Les deux villes sont jolies avec des centres historiques à l\'architecture coloniale et colorée. La vie n\'est pas chère: on mange des repas copieux pour 4 a 6 soles (soit 1,50 euros a 1,80 euros). L\'ambiance sonore, par contre, est désastreuse. Les taxis n’arrêtent pas de klaxonner et être piéton revient presque à mettre sa vie en danger.

Voilà pour le décor.

 

"Las Huacas del Sol y de la Luna"


 

 

Representation du Dieu Moche


Au niveau de l'histoire, on ne connaît souvent de l'histoire péruvienne que les Incas, peut-être du fait de la majesté du Machu Picchu (sanctuaire inca perché sur la cordillère). Pourtant le Pérou a été le berceau d'autres civilisations bien plus anciennes et à la longévité plus importante que les Incas. Ainsi à Trujillo, nous avons pu voir “las huacas del Sol et de la Luna” (ruines des temples du soleil et de la Lune) construite par la civilisation Moche (on prononce « Moché »).

 

Vue panoramique du site archeologique


Cette visite nous a captivé car la présence de la guide était comprise dans le prix d’entrée. Venant d\'Amérique Centrale, nous avons pu en apprendre un peu plus sur les croyances et la vie des Moches qui vivaient au même moment que les Aztèques ou les Mayas. Le site n'en est qu'à ses débuts d’exploration (il a été ouvert seulement dans les années 1990). Il y a deux grandes pyramides construites au fil des siècles: chaque siècle, les Moches recouvraient le temple préexistant et construisaient un nouvel étage, élevant ainsi leur édifice vers le ciel. Des bas-reliefs peints représentent des scènes de sacrifices humains.

 

Le site archeologique de la Huacas del Sol et de la Luna La pyramide de la Lune vue de la grande place

 


Chan-Chan


 

 

 A Chan-chan depose par le bus a quelques km de la ville


Nous avons aussi pris le temps de parcourir la cité de Chan-chan, village archéologique en “adobe” (je crois qu'en français cela signifie “pisé”). Le site, à quelques kilomètres du centre-ville de Trujillo, est spectaculaire. Le mini-bus nous laisse sur la route devant une piste qui part dans les dunes. Le kilomètre qui nous sépare de l’entrée nous fait une forte impression: c'est lunaire et dépaysant. Peu de végétation, des vautours noirs, des grands remparts de terre. Chan-chan a été édifiée par les Chimus, autres ancêtres des Péruviens.

 

Le chemin lunaire vers Chan-chan Un rescape des chimus a Chan-chan

 

Ro entre les murs en adobe de Chan-chan

 

Deambulant dans les ruines de Chan-Chan


 

Huanchaco


 

 

La plage a Huanchaco Surf et cheval a Huanchaco


Trujillo, c'est aussi la plage à proximité. Nous passons deux après-midi à Huanchaco, petite station balnéaire au large du Pacifique. Spot apprécié des surfeurs...Nous faisons nos adieux à l’Océan Pacifique car nous ne pensons pas le revoir avant longtemps.

 

Un perro peruano ou chien sans poil


Enfin, un petit mot sur une découverte animalière: “les perros peruanos” c'est à dire les chiens sans poil. Nous on ne les trouve pas très joli mais il parait qu'ils sont bons pour les personnes avec de l'asthme ou des rhumatismes.

 

Backpackers!


Nos premiers pas au Pérou sont “chevere”, comme on dit ici!


C.

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Interview avec Ricardo Miguel Fujita Alarcon

Le 15-05-2012 • Pays : Pérou

 

Interview avec Ricardo Miguel Fujita Alarcon, directeur du centre de génétique et biologie moléculaire, faculté de médecine, université de San Martin de Porres

 


A Lima, nous avons passé quelques jours chez Maria Luisa et Ricardo. Nous en avons profité pour poser quelques questions à Ricardo, dans le but de mieux connaître le Pérou et son histoire.


Ricardo : Au Pérou il y a au moins 6000 années d'histoire, et les sociétés humaines se sont développées beaucoup sur la côte, les Andes, les plateaux. On suppose qu'il y a eu aussi des cultures amazoniennes anciennes. On trouve des restes archéologiques sur la côte et dans les Andes, mais plus difficilement dans la jungle, car ça a disparu. Mais il a des traces anciennes de culture, de l'utilisation du feu.


Cécile : On a vu à la Huaca de la Luna que le site venait juste d'être découvert, depuis 20 ans, mais qu'il n'y a pas beaucoup de moyens de l’État pour faire les recherches.


R. : Au Pérou il y a plusieurs « huacas », c'est-a-dire des espèces de temple, des ruines. Ça servait aux cérémonies, il y en avait donc partout. Plusieurs cultures se sont chevauchées dans le temps. C'est difficile de savoir s'il y avait une continuité ou non. On commence à voir les continuités dans les tissus, les modèles de tissage. On trouve aussi des cimetières, la taille des personnes n'est pas la même en fonction de l’époque historique, il devait donc y avoir des groupes différents. Il y a des chercheurs qui travaillent avec l'ADN ancien.

Dans mon laboratoire, il y a un projet au niveau mondial, l'idée c'est d'utiliser l'ADN des populations modernes, qui sont encore identifiées comme natives. Si tu vas dans un village, tu demandes au grand-père son identité, il dit : « je suis quechua, je viens de l'Amazone ». Les petits-enfants disent : « je suis créole ». Ça prouve qu'il y a une identification plus culturelle que génétique. Nous on cherche à trouver des gens qui se considèrent encore natifs, et on compare les différents ADN présents en Amérique du Sud.


C. : En Chine et en Thaïlande, les natifs là-bas sont très ressemblants à ceux d'Amérique centrale.


R. : Oui, c'est tout à fait possible. L’espèce humaine est très jeune. Les ancêtres, c'est 60 000 années. Il y a eu un voyage de l'Afrique. Le groupe qui a fait le voyage le plus long c'est celui qui est arrivé en Amérique du Sud, par le Béring. Il y a 15 000 ou 20 000 années il y a eu une glaciation. Dans le détroit de Béring, la terre était reliée pendant quelque chose comme 2 000 années, et des groupes sont passés.

Cette théorie semble exacte, c'est en tout cas la plus probable pour expliquer comment les gens sont venus en Amérique. Il semble qu'on est arrivés par vagues. Il y a 3 vagues très marquées, ceux qui sont arrivés jusqu'à la Patagonie, ceux qui sont arrivés jusqu'à la moitie des États-Unis, les Indiens, et les Inuits, les Esquimaux, tout au nord.


C. : On a vu un autre groupe à Hawaï, qui ressemble à ceux de Polynésie.


R. : Il semble que la Polynésie a été colonisée il y a très longtemps. L'utilisation des bateaux était déjà possible il a 50 000 années. Ça c'est une population plus ancienne. Peut-être ont-ils aussi une liaison avec les Africains. La physionomie est ressemblante.

Caral est un petit village du Pérou, où il y a la première manifestation de culture urbaine dans les Amériques, au nord de Lima. C'était il y a environ 6 000 années. Là on a trouvé des temples, mais aussi des serpents, des objets faits avec des plumes d'oiseaux de l'Amazonie. Il y avait donc des connexions entre la côte et l'intérieur des terres. Ils s'organisaient pour avoir des échanges. On ne sait pas si c'était des empires ou des liens commerciaux. On a des figures amazoniennes sur la côte, comme dans les lignes de Nazca, qui représentent des singes.

Une autre chose, c'est que les Andes sont une chaîne qui va longitudinalement de la Colombie jusqu'en Argentine. Pendant 6 000 années, il y a eu des gens qui ont vécu sur les Andes. Il y a une population très ancienne, et il y avait des communications entre les peuples. Les empires ont profité de cette communication pour se consolider et pour s'agrandir. Quand on fait l'étude génétique, il y a beaucoup homogénéité, car il y a eu beaucoup d’échanges.


C. : Nous on connaît le Pérou seulement pour les Incas, et pas pour tout le reste.


R. : Oui, et pourtant les Incas ça n'a même pas duré 200 ans ! On a pas eu d'écriture, ils n'ont pas laissé de choses écrites. Tout ce qu'on connaît, c'est des représentations des Indiens au moment ou sont arrivés les Espagnols. Quelques-uns d'entre eux écrivaient. C'était l'époque du paganisme et de l'Inquisition. Beaucoup d'informations ont disparu.


C. : Les Indiens pour nous c'est typique de la Bolivie, alors qu'en Équateur on en trouve aussi.


R. : Les chapeaux par exemple, c'est pas vraiment original. Ça a été imposé par les Espagnols. A l'époque des Incas, ils utilisaient des vêtements totalement différents.

Il y a une ferme très grande, dont la famille est restée pendant des siècles. Ça a été découvert en 1955, près de Cusco. Ça a été tellement isolé, pendant des générations, que cette ferme, qui s'appelle Q'eros, a pu garder des choses culturelles de l'époque des Incas.

La population était très contrôlée pour apprendre l'espagnol. Quand les Espagnols sont arrivés, au moment de l'empire des Incas, il y a avait 12 millions de personnes. 100 ans après, il sont tombés à 1 million.


C. : Ça veut dire 11 millions de tués ?


R. : La majorité n'a pas été assassinée, ils sont morts à cause des maladies. Les maladies européennes, comme la variole, c'était mortel pour les Indiens.


C. : Au Brésil, il y a des tribus qu'on ne peut pas aller voir au risque de leur transmettre des maladies.


R. : Au Pérou aussi ! Nous on a des virus, la grippe par exemple reste toujours dans le corps, et eux n'ont pas les armes immunologiques pour se défendre.

Il y a donc eu beaucoup de mouvement culturel depuis 6 000 années. Mais dans la foret, on trouve des groupes humains qui parlent des langues distinctes, à 20 kilomètres de distance. La foret a une dynamique différente. Il y a des groupes très grands, 500 000 personnes, mais d'autres limitées à quelques personnes, considérées comme natives. On a contacté des gens qui sont venus à la civilisation il y a 7 ou 8 ans. C'est pas la même chose de chasser avec des flèches ou de chasser avec la carabine. Petit à petit ils s'approchent de la civilisation car cela leur procure des avantages. Le fait d'avoir des allumettes, des piles... ça a changé beaucoup la vie des gens. Les natifs commencent à s'occidentaliser. Pourquoi pas, si ça améliore leur vie. Il y a des personnes qui voudraient qu'ils restent dans le même état, comme sous une cloche de verre.


C. : Au Panama on a rencontré les Indiens Kuna Yala, ils ont leur propre gouvernement, ils sont autonomes. Au début on trouvait ça génial, mais après 20 jours... Les jeunes ne veulent pas rester comme ça. Dans une île ils ont refusé l'électricité, mais il va y avoir un conflit. On trouvait ça très démocratique, mais en fait c'est une société très conservatrice.


R. : Les ONG parfois ont cette idée de laisser l'homme à la nature. Ils reçoivent beaucoup d'argent pour préserver les sociétés comme elles sont, mais parfois elles les empêchent aussi d'évoluer. Ceux qui tirent bénéfice de ça, c'est pas les natifs, c'est les intermédiaires. Les ONG travaillent parfois très bien, mais d'autres manipulent ou profitent.


C. : Les Occidentaux se sentent coupables de la colonisation, maintenant on veut aider, il faut trouver un équilibre.

Une autre question : depuis quand existe le Pérou ?


R. : La nation existe depuis l'indépendance avec l'Espagne, en 1821. Lima était la capitale du vice-roi, le représentant du roi d'Espagne en Amérique latine. C'est donc la dernière partie qui a été libérée. Des gens sont venus d'Argentine, de Colombie, pour dégager les Espagnols. On a eu une présence militaire espagnole forte au Pérou.


C. : La guerre a duré longtemps ?


R. : L'Argentine en 1810 a libéré ses provinces, avec San Martin. Ils pensaient libérer toute l'Amérique du sud. En même temps il y avait Bolivar en Colombie. Ils ont contribué à battre les Espagnols.


C. : Quelles sont les grandes figures du Pérou ?


R. : Parmi les héros nationaux, il y a un marin, Miguel Grau, appelé le « chevalier des mers ». En 1879, il y a eu une guerre avec le Chili. La Bolivie était entre les deux pays, elle avait un petit morceau de terre sur la cote. A cet endroit il y avait des minéraux, précieux pour l'agriculture, des nitrates.

Les Anglais avaient aussi des intérêts, ils étaient très forts à cette période. Ils ont aidé les Chiliens à envahir la Bolivie et le Pérou. Miguel Grau faisait couler les bateaux ennemis. Selon la légende, il sauvait les ennemis de la noyade. A cette époque les marins se connaissaient entre eux et avaient du respect l'un pour l'autre, ils avaient des valeurs.

Grau était aussi un politicien, mais il était honnête. C'est le héros le plus respecté au Pérou.


C. : Que penses-tu de Humala, le nouveau président du Pérou ?


R. : Humala, c'est le nom d'un général inca... Ses parents sont nationalistes, un peu fous.

Les natifs étaient très pauvres, mais d'autres avaient des terres, ils s’appelaient les « caciques ». Ils étaient pires avec les Indiens pauvres que les autres. C'est l'histoire de la famille de Humala, qui a eu de grandes propriétés.

Humala succède à Alan Garcia, qui a été élu 2 fois. Le premier gouvernement de Garcia, entre 1985 et 1990, a été le pire de l'histoire de la République, avec une inflation affreuse, l'argent ne valait plus rien. Après Fujimori a été président pendant 11 années. A cette époque on habitait à Strasbourg, puis aux États-Unis. Fujimori est resté célèbre pour des affaires de corruption, et pour avoir volé beaucoup d'argent.

Certaines personnes devenaient ministres afin de ne pas être jugés, car ils avaient l'immunité.

Fujimori a changé la constitution pour pouvoir être réélu. En 1998, il a voulu être réélu une troisième fois et il a eu une majorité au Parlement. Mais dans son entourage il y avait toujours des scandales, de la corruption partout. C'était Vladimir Montesinos, la personne de confiance du président, qui décidait pour Fujimori.

Il y a eu une vidéo avec Montesinos qui filmait sa fortune et qui donnait de l'argent aux parlementaires. Ce type là était fou, il a enregistré tout ce qu'il faisait.


C. : C'est stupide !


R. : Mais c'était aussi pour le chantage. Il y avait des propriétaires de chaînes de télévision, qui repartaient avec des sacs de billets. Ça a fait un grand scandale. Les « Vladi-vidéos », c’était une preuve qu'il y avait de la corruption. Montesinos avait des maisons à la plage, des voitures très luxueuses, alors que soi-disant il ne gagnait que 1000 soles par mois. Il était aussi en contact avec les FARC de Colombie. Il a vendu des armes de l’armée péruvienne aux FARC, en échange d'argent. Il baignait dans le narco-trafic aussi.

Puis Fujimori a été très stupide, il a donné 15 millions de dollars à Montesinos pour qu'il parte. Il est alors devenu clandestin. Il a encore beaucoup de films, dont il se sert comme monnaie d’échange. Puis Fujimori est parti en Asie, au Japon, et de là il a renoncé à ses fonctions en envoyant un fax. C'est l'unique président à avoir fait ça par fax ! On savait déjà que son beau-frère était parti du Pérou avec des valises d'argent.

C'est très amusant, il y a des choses dont on se rend compte seulement après. On n'a jamais su si Fujimori est vraiment né au Pérou ou s'il est venu du Japon. Quand il s'est réfugié au Japon, il s'est lié avec les Yakuzas, la mafia japonaise. Sa stratégie ça a été d'aller au Chili pour revenir au Pérou. Mais il était recherché par Interpol et il a été capturé au Chili. Sur 25 accusations, seulement 6 ont été jugées, il en a pris pour 25 ans de prison. Et certaines personnes s'apitoient sur lui maintenant...


C. : C'est un peu la même chose pour Jacques Chirac, en France, qui a été jugé en tant que maire de Paris. Il a reçu des peines de prison, mais du sursis seulement.


R. : A l’époque il y avait encore la guerre avec le Sentier lumineux, il y a eu des excès aussi.


C. : Et lors de l’élection d'Humala, c’était soit le clan du président voleur, soit Humala.


R. : Oui, il n'y a pas eu beaucoup de choix. Humala c'est un mélange d’extrême gauche avec du nationalisme, un nationalisme pro-natif, pour défendre les Indiens. Il y a des problèmes d'eau, d'agriculture... C'est une attitude, défendre ce que veut l'Indien. Mais que veulent les Indiens ? C'est ça le problème. Des intérêts généraux se mélangent avec des intérêts particuliers. Il y a des grèves, des blocages de routes. Des gens protestaient contre l’activité minière, parce qu'il y avait de la pollution. Un autre groupe protestait parce qu'on ne les laissait pas faire de l'extraction minière informelle, mais ils polluaient eux aussi, car ils n'ont pas les moyens de faire ça bien.

On défend beaucoup les intérêts indiens, mais des fois c'est contradictoire. Des parties de l'Amazonie sont rendues désertiques à cause de l’activité minière.


C. : L’écologie est un thème important pour les Péruviens ?


R. : Je crois que c'est très idéalisé. Il faut s'occuper des activités économiques, mais ici il y a 2 extrêmes. Les ONG s'opposent à l'activité minière, à la pêche... Mais certains s'en fichent de l'environnement. A Lima les gens sont un peu plus sensibles.


C. : On a entendu dire que des dauphins s’échouaient morts sur les cotes, pour quelle raison ?


R. : Il semble que la mer s'est réchauffée, ça a eu pour conséquence de faire fuir les anchois plus au sud. Les anchois représentent la plus grosse partie de la biomasse, de ce que mangent les autres poissons. Comme ils sont maintenant moins nombreux, c'est toute la chaîne alimentaire qui est touchée.


C. : Qu'est-ce que tu penses de notre nouveau président, François Hollande ?


R. : L'Europe traverse une crise économique très grande. D’après ce que je lis, on ne peut pas seulement épargner pour sortir de ça, il faut bouger l’économie je pense, et c'est ça que Hollande propose, à la différence de Sarkozy. Il faut refuser l’austérité, chercher des formes créatives, des nouveaux emplois, je pense que ça peut marcher de ce côté là.


C. : Toi qui est chercheur et qui a travaillé dans plusieurs pays, qu'est-ce que tu penses de la recherche en France, aux États-Unis, et au Pérou ?


R. : Dans les pays européens la recherche est très analytique, ils sont plus cérébraux. Aux États-Unis ils ont beaucoup d'argent, il y a plus d’opportunités d'acheter des choses. Il y a beaucoup de kits, des choses préparées qui facilitent les recherches, aux États-Unis ils peuvent se payer ça.

Ici au Pérou c'est très difficile. Il n'y a pas d'argent, et les choses coûtent 2 à 3 fois ce que ça coûte ailleurs.


C. : La recherche fondamentale existe aussi au Pérou ?


R. : Dans mon cas j'utilise plus la recherche appliquée, car je travaille sur des maladies, je fais des études sur des populations, mais parfois il faut aussi se pencher sur la recherche fondamentale. Ce qui est plus intéressant pour nous ici, c'est qu'on peut former des gens pour après.


C. : Quand tu dis que tu es péruvien à l’étranger, quelle est la réaction des gens ?


R. : Il y a des impressions positives. Jamais je n'ai senti de discrimination pour le fait d’être péruvien.


C. : Quelles idées les gens ont du Pérou ?


R. : C'est rigolo ! Les gens n'imaginent pas que le pays est moderne, ils voient ça comme dans un livre d'images. Alors que les gens ici s'habillent à l'occidentale.

Le voyage, ça fait changer les représentations qu'on a des pays.


C. : Il y a un sport national au Pérou ?


R. : Le volley-ball, peut-être, mais cette fois-ci ils ne participeront pas aux Jeux olympiques.

Cette année, pour la première fois, le Dakar est arrivé au Pérou. Avant c’était au Chili et en Argentine.


C. : Est-ce qu'il y a des écrivains péruviens connus, tu as des conseils de lecture ?


R. : Mario Varga Llosa (prix Nobel de littérature 2010), La Guerre de la fin du monde et Manuel Scorza, Redoble por Rancas.


C. : Pour terminer, un petit mot en quechua, ou dans la langue péruvienne ?


R. : Ici on parle beaucoup avec des diminutifs. On dit pas cafe, on dit cafecito. Parfois on parle vite, et on ne finit pas les mots. On utilise aussi souvent des mots des natifs comme calato (nu), watchafo (quelque chose qui n'est pas élégant), ou des choses en rapport avec la nourriture. On dit gato pour la maison, ça vient d'un mot quechua.



L'entretien a été mené (brillamment) par Cecile, et retranscrit (patiemment) par Romaric. Nous remercions chaleureusement Ricardo, Maria Luisa et Alex pour leur accueil et espérons les revoir bientôt.

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