Questions d’Annick MONNIER :
En
ville, la vie est-elle comme en Occident excepté le bruit et le monde ? La circulation y est-elle
aisée ?
Les villes ressemblent effectivement aux nôtres…
en plus grand ! Ce qui frappe, c’est le nombre de petits restaurants et de
vendeurs ambulants dans les rues, présents jusque tard dans la nuit. A part ça,
la circulation peut être très chaotique, dû à un grand nombre de deux roues et
à un respect assez variable du code de la route. Il faut vraiment faire
attention en traversant la rue, le piéton, même engagé sur la voie, n’est pas
prioritaire.

Avez-vous
été dans de petits villages ? visité une ferme ? Comment est l'agriculture
là-bas ? les Chinois importent beaucoup de cochons ? en mangez-vous souvent ?
Trouvez-vous des produits laitiers facilement et du fromage ?
Nous avons été à la campagne, dans le
Xishuangbanna, et nous avons vu de petites fermes avec un peu d’élevage et différents
types de cultures. Les campagnes sont généralement pauvres et les familles y
sont souvent dépendantes des enfants qui travaillent à la ville. Mais il existe
aussi de grosses exploitations, pratiquant une agriculture intensive, pour
lesquelles le rendement est le seul critère. On a ainsi entendu parler d’un
champ de pastèques où les fruits se sont mis à exploser les uns après les
autres, tellement ils étaient chargés en produits chimiques ! Sur les marchés,
les fruits et légumes sont tellement grands que ça ne semble pas très naturel...
Les Chinois mangent beaucoup de
cochon, ils en produisent mais il est bien possible qu’ils en importent aussi.
Quant aux produits laitiers, ils sont plutôt rares. On peut trouver facilement
du lait, mais le fromage est complètement absent de leur alimentation. En
revanche on trouve beaucoup de plats cuisines à base de tofu.

Y a-t-il des enfants non
scolarisés dans les rues en ville suite à l'exode rural ?
C'est l'ami Bruno qui nous propose cette reponse :
L'école est obligatoire et gratuite de l'école primaire jusqu'au lycée.
Il y a eu des écoles "privées" pour les enfants des travailleurs
migrants, mais le gouvernement les ferme. Donc, quid des enfants ? (et
là, je ne trouve aucune réponse, même officielle...)
La scolarisation s'est intensifiée depuis 1977. Il y a que des cas très rares d'enfants non scolarisés.
Questions de Noémie :
Vous dormez où ? comment
? quel genre de famille ? Plus généralement, comment se passe le contact avec
les Chinois ?
Nous avons dormi dans
quelques hôtels et auberges. Les prix sont vraiment abordables : entre 5 et 10
euros pour deux personnes, pour les moins chers.
Autrement, nous avons passé la majeure
partie de notre séjour chez un ami français, Bruno, qui habite dans la ville de
Chengdu. Nous avons également habité chez Vincent à Pékin (contacté grâce au
site Couchsurfing), qui vit dans un bel appartement de la banlieue et prépare son
installation en France pour y faire des études. De par son intérêt pour l’art
et son ouverture vers l’étranger (il parle très bien le français et l’anglais),
on ne peut pas dire qu’il soit vraiment représentatif de la population moyenne.
Quoi qu’il en soit, et comme le
racontait Cécile dans un précédent article, les Chinois se sont révélés très curieux
envers nous et facilement enclins à converser… seulement la barrière de la
langue nous limitait souvent à n’échanger que des sourires. Dommage, car les
Chinois nous ont fait une très bonne impression.

Comment
sont les toilettes ? ^^
Heu… il faut vraiment que je
décrive ? J
La
recette d'un bon plat ?
Dans le domaine, il y a vraiment l’embarras du
choix. Il y en a un qui nous a davantage marqué que les autres, notamment à
cause de son nom : il s’agit des « nouilles sur le pont » ou
« nouilles qui traversent le pont ». (Ce qui suit est emprunté à un
autre blog de voyage, très joliment illustré et que j’encourage à aller
voir : http://michjuly.typepad.com/blog/2010/08/-nouilles-de-riz-traversant-le-pont-.html)
C’est un
plat populaire typiquement yunnanais composé de viandes ou de poissons coupés
en petits morceaux et de légumes variés… le tout disposé dans des coupelles
autour d’un bol de soupe brûlante à base de poulet. Vapeur et chaleur sont
bloquées sous la couche de gras. On verse tous les ingrédients dans la soupe,
en commençant par la viande. On mélange jusqu’à ce que le tout soit cuit « à
point ». Ma copine me raconte la légende à l’origine de cette spécialité….. «
Sur le bord d’un lac, dans le comté de Mengzi, Yang, un étudiant qui préparait
son « examen impérial », avait l’habitude d’aller lire dans un pavillon au
milieu du lac. Sa femme lui apportait chaque jour à manger, mais Yang était si
profondément plongé dans ses études qu’il en oubliait de se nourrir, et sa
femme retrouvait invariablement la nourriture intacte et froide, ce qui
l’inquiétait beaucoup. Un jour, elle eut l’idée de cuire un poulet dans la
soupe, et comme d’habitude, la porta à son mari. Le soir venu, elle constatait
que le gras du poulet avait formé une pellicule sur le dessus du potage. Du
coup, les ingrédients bloqués à l’intérieur étaient restés chauds. Plus tard,
cette méthode fit beaucoup d’adeptes dans la région. Comme la femme de Yang
traversait chaque jour le petit pont qui reliait la terre ferme à la villa du
lac, cette façon d’accommoder le riz et les légumes prit le nom de : « Guo Qiao
Mi Xian » : « nouilles de riz traversant le pont ».

Et voici la recette : http://www.yunnan.fr/yunnan/guoqiao.html
Très facile à préparer, reste
seulement à trouver les ingrédients…
Questions de Thomas :
Comment votre ami a-t-il
vécu le séisme de 2008 ? Comment se sont organisés les gens ? Qu'avaient-ils à
disposition ? L’État a-t-il participé aux reconstructions des habitations
dévastées ? Quelles leçons a-t-il tirées de cette catastrophe ? Les habitants
survivants ont-ils pu rapidement bénéficier de l'aide apportée par les organisations
humanitaires ?
En fait notre ami est arrivé juste
après le séisme, il en a donc seulement entendu parler. De toute façon, si les
habitants de Chengdu ont ressenti les secousses, la ville en elle-même a très
peu été touchée. Difficile donc de répondre précisément à tes questions.
Pour certains, les medias occidentaux
ont exagéré l’ampleur des dégâts occasionnés. En tous cas, le gouvernement a
mis le paquet pour tout remettre en ordre, en dépêchant une armée de milliers d’ouvriers
sur place. Selon la propagande officielle (Bruno a eu l’occasion de traduire
des textes en français, destinés à des DVD touristiques sur le pays), tout a
désormais été reconstruit, en plus beau et plus grandiose qu’avant encore.
Pourtant un couple de voyageurs
rencontrés en voyage, qui eux sont allés s’aventurer dans les zones touchées
par la catastrophe, nous a raconté avoir vu un tunnel qui était toujours
enseveli sous les décombres - comme si la montagne lui était tombé dessus. Mais
le contrôle de l’information ne permet pas trop de savoir ce qu’il en est
réellement, et le gouvernement ne reconnaîtra pas de défaillances, il lui
importe avant tout de ne pas « perdre la face » ! (expression
courante en Chine)


R.